jeudi 29 avril 2010

Où qu’aille la vieille canne

Au revoir ma boîte à roues, et à jamais,
Enfin ta chaîne de deux années s’est brisée,
Et je vois le boulet s’éloigner et me rendre ma liberté,
Tes tourments s’exerceront sur quelqu’un d’autre,
Ta malédiction est transmise et pourra poursuivre son œuvre,
Le repos peut enfin être mien,
Je le maintiendrais sans doute peu de temps,
Mais peu c’est déjà du bon temps,
J’apprends à me contenter de plus,
Pas beaucoup, mais juste un peu plus c’est déjà beaucoup,
Et ça, ça vaut largement le coup,
Et d’ailleurs même dans le moins, il y a plus,
Moins de temps mais plus d’argent,
Moins de matériel et plus de plaisir,
Moins d’argent mais plus de temps,
Moins de soucis et plus de joie,
Moins de relations mais des meilleures,
Moins de douleurs et plus de douceur,
Moins de moins mais plus de plus,
Une complémentarité parfaite dans la perception,
Il suffit de regarder de la bonne manière,
Car on peut aussi ne voir que des moins ou que des plus,
Comme en fermant un œil on perd une dimension,
Le cerveau a autant d’yeux qu’une mouche,
Il suffit d’ouvrir le bon pour éviter les pièges,
Car certaines situations sont de véritables papiers collants,
D’autres sont des tapettes géantes qui peuvent rompre nos ailes,
Et d’autres même si elles sentent la merde sont fort nutritives,
Alors au revoir vieille épave gluante,
Je peux à nouveau voler.

28/04/10