La Drôme adhère
C’est beau la nature, y a rien à dire,
Par là c’est vert, là c’est bleu, là-bas c’est jaune,
Des fois ça mouille, ça souffle, ça sèche, ça dessèche,
On a l’impression qu’elle dort et pis d’un coup elle s’énerve,
D’un coup de pompe dans le cul elle te nettoie tout,
Et ça recommence à zéro, surtout le moral,
Parce que les gens ils s’habituent à où qu’ils sont,
Ils construisent des trucs, ils planifient, ils se croient éternels,
Mais la nature, elle aime pas trop l’éternel, alors elle bouge,
Elle bouge tout le temps, jamais de repos, la pauvre,
Elle a pas le temps de prendre du repos, pas de chance,
Alors faut bien qu’elle se venge de toutes qui les fourmis qui pioncent,
C’est son seul moyen de se plaindre, donc elle y va,
« Bonjour les insectes, voilà de l’eau, de l’air, allez-y vivez »,
Et comme les insectes ils voient pas l’arnaque, ils triment,
Et ça donne une leçon aux autres insectes, ils apprennent,
Mais comme ils ont pas de mémoire non plus, ils triment,
C’est con pour leur gueule mais c’est comme ça,
C’est la vie et puis c’est le vide.
Mais depuis quelques temps, c’est la nature qui trime,
Les insectes, ils pensent plus à demain, y a qu’aujourd’hui,
C’est tout ce qui compte, du bonheur de suite,
Et si c’est pas du bonheur, et bien au moins c’est du contentement,
Un tout petit contentement pour chacun, ça fait beaucoup en tout,
Et la nature, elle peut pas offrir autant, elle avait pas prévu,
Elle a beau essayer de nettoyer plus souvent et plus vite,
C’est jamais suffisant, les insectes lui bouffent son cadavre,
Ils se remplissent le bide parce qu’ils ont peur de pas avoir leur part,
Donc ça se goinfre, ça dégueule et ça se regoinfre,
C’est le nouveau cycle, un cycle en ligne droite,
On oublie le mouvement perpétuel, on pense au mouvement tout court,
On s’agite, on gigote, on papote de tout et surtout de rien,
Parce que les paroles, ça nourrit pas son homme,
C’est l’avis et puis c’est avide.
Enfin, on va pas trop se faire du mouron,
Parce que la nature elle est partout,
Si elle peut pas nettoyer suffisamment vite, les insectes le feront,
Ils vont se nettoyer eux-mêmes, comme des grands, comme des glands,
Ils vont se bouffer entre eux, ils ont déjà commencé d’ailleurs,
Et ils ont pas l’air de traîner, du jamais vu dans le mouvement,
Du jamais lu dans les romans, c’est de la réalité toute dégueulasse qu’on voit,
Et ça va pas durer bien longtemps cette histoire,
Du propre que je vous dis, du tout propre qui se prépare,
Après y aura plus personne pour venir se plaindre,
Pas la nature, pas les insectes, pas les autres trucs non plus,
Ce sera le grand calme, mais toujours en mouvement,
Parce qu’au final, la nature, on l’a jamais entendu,
On l’aura vu, ça c’est sûr, mais impossible de l’entendre,
Soit sa voix est trop faiblarde, soit qu’on est sourd,
Soit qu’on gueule trop pour entendre quoi que ce soit,
Si ce n’est des jérémiades de sales gamins pourris gâtés qui vont se prendre une rouste bien méritée.