Hisse-toi d’art mou
Le sombre sot fit un dernier soubresaut et s’étala nonchalamment sur le tapis. Tant pis se dit son ami tapit derrière un rideau et il rit d’aussi bon cœur qu’il l’eut fait si c’eut été une bonne sœur. Sa femme tenait encore le poignard qu’elle avait plongé à plusieurs reprises dans le bas ventre de l’idiot induit en erreur et tentant de séduire cette splendeur.
Mais comment avait-elle pu agir de la sorte ? Ce n’était pas un coup du mauvais sort, c’est sûr, alors que le mari riant sort de sa modeste cachette. Il avait donc tout manigancé, mais dans quel but ? La considérait-il comme une pute qu’il avait glissé son propre comparse dans l’appartement alors qu’elle s’y trouvait presque nue ? Et ce couteau haineux trainant sur la table du salon dans l’attente d’un sale don, ce n’était pas une coïncidence. Mais pourquoi, mais pourquoi, ce répétait elle l’air coi. Voilà encore un de ses biens mauvais tours pour contrer la magie de mes atours. Mais cette fois-ci il avait dépassé les bornes de la foi et le couteau passa la chair jusqu’au foie. Le faux cocu s’étala à son tour sur le sol.
Bon débarras, je ne l’ai pas raté ce fou sans camisole, à présent je peux me rendre à la police qui m’innocentera, pensa la belle à la peau lisse.
Quelques jours plus tard, la veuve et le juge au plumard discutaient de la suite des évènements. Ce serait bientôt l’heure de son avènement et elle n’aurait pas offert son corps vainement. Sincèrement, son mari lui a rendu une fière chandelle, il y aurait des chansons pour elle, des amants en ribambelle et pour toujours elle serait libre et belle.