dimanche 25 avril 2010

Et tôt né

L’étonnement, mais qu’est-ce donc que l’étonnement ?
Ou plutôt d’où vient-il ?
A priori il survient lorsqu’on s’attend à quelque chose qui n’arrive pas ou arrive de façon différente à nos pensées. Il apparaît également lorsqu’on n’attend rien de particulier et qu’il se passe quelque chose qui normalement n’aurait pas dû avoir lieu. Mais qu’est-ce qui est normal, alors ? Cet étonnement se baserait donc sur une sorte de prédiction ou sur la suite logique de la normalité. Ainsi, de ce point de vue il est plus que souhaitable d’être étonné, car ce qui sort de la norme permet l’évolution ou le changement. En revanche, l’étonnement étant uniquement personnel, cela signifie que l’évènement ou le fait qui sort de la normalité, sort du registre de pensée de l’individu en question. Si pour moi, dans mon esprit, le ciel est rouge, je serais étonné de le voir bleu lorsque les nuages s’effaceront. Ensuite, après plusieurs visions de ce ciel bleu, j’enregistrerais l’information comme quoi le ciel n’est pas rouge mais bleu, et corrigerais ainsi la normalité dans ma tête. L’étonnement disparaît donc une fois que sa source est enregistrée et considérée comme possible. Pourtant je m’étonne très souvent de l’attitude des gens. Tous les gens me surprennent. Et bien que les raisons de cet étonnement soient enregistrées, je sais qu’elles sont possibles, je n’arrive pas à saisir leurs répétitions. Les individus semblent avoir cette capacité à défier toute logique. Je me surprends également moi-même d’ailleurs, en accomplissant certaines actions qui sont à l’encontre de mes idées. Il semble donc évident que ces choix surprenants arrivent à tout le monde et étonnent autant le sujet que son témoin.
La plupart du temps ces choix sont pris dans le feu de l’action. Parfois le feu de l’action n’est pas qu’une question de réflexe de moins d’une seconde, mais peu s’étaler sur plusieurs jours, mois, voir une vie entière. « Le feu de l’action » est d’ailleurs une expression qui devrait nous indiquer qu’il faut se méfier et prendre du recul, comme n’importe quelle flamme physique. Lorsqu’une allumette se consume dans ma main, je la lâche avant d’avoir les doigts brûlés car mon corps me prévient par un début de douleur si je persiste. Voilà la principale difficulté dans « le feu de l’action ». Il n’y a pas de début de douleur, ou s’il y en a, elle est souvent trop tolérable et donc on ne lâche pas l’allumette mais agit parfois étrangement. On peut secouer la main, cracher sur la flamme, la tenir parfaitement droite en espérant qu’elle s’essouffle, la laisser nous brûler ou encore bien d’autres méthodes. Il en va de même pour chaque choix que nous faisons dans « le feu de l’action » et qui m’étonnent si souvent car la réflexion derrière ce choix est trop proche de la flamme pour être sensée.
Autre fait intéressant, l’étonnement est aussi appelé surprise, en anglais également par exemple. Cela correspond bien au fait de ne pas s’attendre à quelque chose mais le mot surprise est surtout utilisé de façon positive en synonyme de cadeau entre autre. Ainsi l’étonnement serait lié avec le plaisir de voir ou subir quelque chose de nouveau. Il y a aussi des mauvaises surprises bien sur, mais dans ce cas là il faut rajouter un adjectif pour exprimer son côté négatif. Donc, l’étonnement devrait être une bonne chose, et pourtant de nos jours, les comportements et décisions qui m’étonnent le plus ne sont que très rarement agréables. Je ne sais pas si cela est seulement dû à notre époque ou à ma façon de voir les choses et je ne tiens pas à m’y pencher plus que ça pour le moment. Ce que j’aimerais plutôt savoir est s’il est possible de ne plus s’étonner et quelles conséquences cela aurait sur l’humeur. Probablement une sorte de désintéressement de tout mais également l’avantage de ne pas être déçu non plus. Car si la plupart des surprises sont mauvaises, ne vaudrait il pas mieux ne pas être surpris ?
Malheureusement cela demanderait un énorme effort mental et une transformation probablement irréversible du comportement social. Inutile pour le moment de s’attarder plus longuement sur la question mais gardons cette idée dans un coin au cas où les choses deviendraient trop intolérable comme une flamme léchant le bout des doigts.

24/04/10