samedi 27 février 2010

On fend en rêve

Quand je serais grand, je serais ninja,
Aujourd’hui cette phrase résonne encore dans ma tête,
Comme si je l’avais formulée hier,
Mais le destin n’a pas entendu mes prières,
Je galère même pour passer la serpillière.

Totalement impotent au lancer de couteaux,
Avec un cou tordu et des bras de girafes,
L’important c’est de ne pas garder l’inopportun,
Donc je cache mes katanas en cas de rafle,
Car un jour je serais recherché,
A force de rêver, je vais rester perché.

Mais il existe un domaine dans lequel j’excelle,
Maître absolu du plus grand pouvoir des ninjas,
J’habite dans l’ombre et domine l’invisibilité,
Inconnu de tous, je n’existe que dans mon monde,
Perçois la réalité des autres, mais personne,
Ne percevra jamais ce réel qui m’anime ;

Je suis l’ombre qui vous suit, avec zèle,
Vous connais tous depuis longtemps déjà,
Arrogants, envahis d’un sentiment d’invincibilité,
Entourés par des illusions concrètes qui abondent,
Prêts à ouvrir la porte lorsque l’inconnu sonne,
Pour recommencer votre cinéma de mimes.
Et bim, une mine,
Au milieu du jardin,
Vous sombrez dans l’abîme,
A quoi bon avoir été radin ?
Ignorer votre ombre ne mène à rien,
Ou bien à la fin,
Et voilà vous y êtes,
Coup de pied, coup de poing, balayette.

Quand je serais grand, je serais ninja,
Et quand j’étais petit j’étais Maharaja.

26/02/10