mardi 2 février 2010

Mal en temps dû

- Ben vas-y Geunisse, casse lui tous les chicots à cette connasse !
- Ta gueule Brutus, tu vois ben qu’je réfléchis à qu’est-ce-que je vais lui faire à cette greluche.
- Ouais, ben moi je vois pas ce qu’y a à bourlinguer sur c’te sujet. Tu vois sa mangeoire ? T’as bien deux paluches accrochées au bout de tes tentacules spaghettiques ? Alors, où c’est qu’y a à se creuser la tronche pour que son émail de canaille aille goûter le bitume ?
- Déjà on est sur une putain de pelouse, espèce de volaille. Ensuite, c’est pas qu’y a un problème avec le fait de savoir comment que ma pogne lui rentre dans la dentitiure. C’est plutôt de savoir si elle mérite à ce point là l’autre crevure. Parce que c’est vrai que c’est une sacré pourriture de m’avoir agressée comme ça pendant la dégustation rituellienne du petit jaune du dimanche midi que normalement y a jamais rien eu qui a empêché le bon déroulement de cette cérémonie euclidienne depuis que j’suis toute petiote. Alors là rien qu’avec ça c’est vrai qu’elle mérite de se la goinfrer ma gaufre…
- Mais c’est que t’es pas possible là. On s’en tape la cirrhose du pastaga du dimanche midi. C’est tous les jours dimanche midi depuis avant que tu sois née, alors me crache pas ce genre de barbotière dans le chou-fleur. Quand ta grognasse a pointé sa trogne « Chez Lulu » et qu’elle s’est jetée sur ton sac comme une gitane à qui on coupe les menottes, j’ai de suite compris qu’il fallait imposer un minimum de respect à la rombière. D’où que je lui ai cassé la guibole pour pas qu’elle se carapate on sait pas où. Et qu’ensuite on la trainaga ici pour que tu lui apprennes les règles que notre belle société française a mise en place pour que les Hommes y puissent vivre en harmonica sans se piquer leur propreté, leur gonzesse et leur honneur. Alors maintenant que t’as l’élève indisciplinée devant les lorgnons, t’as perdu la jactance ? Tu veux quand même pas que ce soit moi qui lui en saigne la culture du général ? Parce que moi j’ai pas l’habitude des règles du sexe féministe, alors j’ai pas envie de lui remplir la matière grasse avec des trucs de gars. Tu comprends ?
- Tu pourrais pas la fermer ? Ce qui m’embête c’est que c’est un peu ma faute si cette conne s’est emballée au bistro.
- Comment ça ta faute ? Non mais me dis pas que t’as le syndrome du kidnappeur ? Tu tombes pas amoureuse de la vulgaire quand même ? C’est ses attitudes de mauvaise fille qui te secoue le berlingot ?
Oh la Geunisse, j’te croyais une vraie dame maintenant. Faut pas se laisser émoustiller par des trucs de marmots.
- Mais ferme là, pour la dernière fois. T’as le beignet qui a trop trempé dans les fumées toxiques de ton usine le gros. Tu sors plus de conneries que de mots. Et après tu nous bassines avec la grandeur de ta très chère France. Mais faut voir comment que tu la causes la France.
- Non mais dis donc, c’est à ton daron que tu causes là. Faudrait voir pas chopper les manies de l’insultante, ma grande. Parce que sinon je reprends votre rééducation à toutes les deux.
- Bon tu me laisses te raconter l’origine du micmac ? Elle va se réveiller à force d’entendre tes belles palabres.
- Ben alors dégoise. J’ai l’ouïe toute ouïe et le clacos clos.
- Alors voilà. Mon cabas je l’ai trouvé sous un banc dans le parc. Y avait dégun aux alentours alors je me suis dit c’est quelqu’un qui l’aimait pas c’te besace et qui l’a balourdé sous le pose cul. Et comme moi elle me plaisait bien, je l’ai embarqué. En plus ça fait crasseux de laisser des trucs dans notre beau parc. Donc je suis rentré à la casbah sans avoir zieuté si y avait encore des papelards dans ma trouvaille. C’est après que la cloche s’est pointée, s’est emporter, s’est faite péter la jambe et trainée jusqu’au parc. Et c’est en revoyant le parc que ça s’est mis à me turlupiner les neutrones. Du coup je me rappelle maintenant qu’il était pas tout léger le farda et donc c’est qu’il devait pas être vide. Et donc ça veut dire soit que la miss ici amassée a oublié un truc important avant de jeter la poche, soit elle l’a carrément oublié avec tout ce qui y a dedans. La conne, quoi…
- Ah ben alors là c’est pour le coup où je suis sur le cul. Je crois abattre une chienne enragée et veux la ramener dans le troupeau de moutons et voilà pas que la bergère est une brebis galeuse.
Je m’en vais chercher une pelle pour enterrer la malchanceuse. Toi, je veux plus te voir « Chez Lulu » pendant une semaine. J’espère que ça te fera militer sur la consistance de ton acte.
- … Oui papa… Excuse-moi de t’avoir mal causé. A la semaine prochaine.

01/02/10