Grave à Doux
- Ben mon salaud, on n’a rien dans les guiboles ? C’est quoi cette fleur qu’on m’a refilée ? Je vais te transformer en cactus, moi. Ça va être vite vu. Ici on reste pas longtemps une petite chatte farouche. C’est ici qu’on fabrique les vrais hommes. Ici même. Tu m’entends la fleur ?
- Heu, oui monsieur, votre volume vocale étant probablement suffisant pour être perçu par d’autres entités de notre galaxie ; s’il y en a ; je parviens parfaitement à entendre les sons qui sortent de cet organe sensé servir à la communication humaine. En revanche, si je comprends est une toute autre question.
- Mais elle se fout de ma gueule en plus, la petite savonnette de l’évêché. Donc si j’ai bien capté ton charabia, tu serais en train de me dire que je cause pas bien ?
- Je n’irais pas jusque là, monsieur…
- Et arrête avec tes « monsieur ». Tu vois les petits bouts de métal colorés sur ma poitrine ? J’ai pas été les acheter à la brocante. Je les ai gagnés en risquant ma vie. J’ai fait honneur à ma nation à plus d’une reprise. Et quand on fait honneur à la nation, il nous le rend en nous gratifiant d’un nouveau statut. Aujourd’hui je suis Colonel. Ça veut dire que tu me dois un respect sans frontière. Tu comprends, là, ma petite loufiette ?
- Ce qui nous ramène à mon élocution, sauvagement interrompue par cet homme d’honneur. Donc, colonel, vous me demandiez dans un premier temps, si j’estimais que la qualité de votre vocable n’était pas convenable pour être compris par autrui. Or, ce n’est pas le cas. Je comprends chaque mot, ou presque, de chaque phrase que vous lancez si précipitamment. Cependant, bien que nous utilisions une langue avec de fortes similitudes, elle ne permet pas de transmettre les concepts retransmis de votre esprit complexe. La traduction des pensées, comme une traduction linguistique, déforme son origine et la rend ainsi incorrecte face à la réalité personnelle de chacun. Mais ne divergeons pas sur la perception du réel, car ce n’est pas le sujet qui nous intéresse ici, et nous n’avons surement pas le temps. Ce qui est important, est le fait que vos idées se retrouvent si déformées par leur transformation littéraire, que je ne parviens pas à en percevoir le sens.
- Ta gueule, couille infirme ! Je vais t’apprendre à calmer ton joli blabla. Tu me supplieras bientôt de t’en dire plus sur le sens de la vie. Et je vais t’en donner du sens à ta vie de larve incontinente. Je vais te faire physolopher les muscles. Ça va transpirer l’intelligence dans ton falzar rempli de vide. Aller greluche péruvienne, commence par me faire cent pompes en gueulant combien que t’aime ton pays. On se remue. Retire tes doigts du troufion bordel de gestapiste de ma bleue, de ma blanche et de ma rouge.
- Heu, colonel, je suis désolé mais je suis venu rendre visite à mon grand-père, je ne peux pas rester plus longtemps avec vous. Mais ce fut un plaisir de croiser un fier représentant de cette nation troublée. Nous aurons sans doute l’occasion de nous revoir, ne vous inquiétez pas. On ne sort pas si vite de ce genre d’hospice. Bonne journée, colonel.
- Quoi ? Non mais c’est une plaisanterie, ballet chiottes ? Ramène-moi ta trogne ici que je te flagelle jusqu’au palpitant. Infirmiers, infirmiers ! A l’aide, à l’aide, le grand sec sournois m’a volé mes médailles. Infirmiiiiiiieeeeeeeerrrrrrrrrrrrrrsssssssssssssssssssssssssssss…………..