Mes Pares Faim
J’aime autant que j’en ai besoin mes pares faim,
Celui du matin, dans la fatigue des céréales flottant à la surface d’une blancheur sans fin,
Celui de midi dans la brasserie au coin de la rue,
Plats faits d’ingrédients venus le matin en charrue,
Les habitants du quartier s’y ruent dans une ambiance chaleureuse,
Les chaises se remplissent de sourires équilibrant la balance de la salle heureuse,
Ensuite vient l’après-midi, pares faims prédits,
Beurre de paradis, sucre bien répartit, bon appétit après la sieste c’est reparti,
Puis s’approche le soir, sombre mais plein d’espoir,
Le pare faim sera plus délicat, goût de pêche et de poire,
Ensuite il suffit de s’assoir et de boire jusqu’aux lueurs de l’aube,
Afin de s’endormir sans vomir dans les rumeurs de mode.
Alors apparaissent les pares faim de mes rêves,
Multitudes de couleurs que je peux manger sans trêve,
Je me goinfre durant tout mon sommeil,
L’image prédomine tandis que l’odeur et le son veillent,
Que de merveilles au sens unique,
Je suis le gardien de ces beautés au sens eunuque,
Picotements dans la nuque lorsque je rouvre mes yeux,
Parfum de réalité amer, il faut se mêler à ces messieurs,
J’ai quitté mes cieux et me retrouve en enfer,
Je peux goutter mes pares faim, il me suffit d’en faire,
Et ainsi je circule dans le cycle sournois des sensations,
Sans savoir quelle est mon univers, ma nation.