L'Etrange Est
Hier soir mon âme est morte, ou ce matin, je ne sais plus,
Cette existence vécu durant trente années m’a moyennement plu,
Il a plut toute la nuit nettoyant les restes de cette vie passée,
A présent je peux renaître et cette fois je vais me surpasser.
J’aimerai pouvoir tirer des leçons pour cette seconde chance,
Mais mes souvenirs semblent vierges, rien ne change,
Des dialogues s’échangent, des discours étranges m’emplissent la tronche,
Je goûte cette nouvelle tranche d’humanité étanche à mes bronches,
Que quelqu’un me débranche de manière franche.
Franc c’est français, on sait, on saigne, on s’aime,
Et sème les graines d’un bonheur fertile à cette scène,
Immense de la société dont les scénaristes sont en grève,
A cause d’acteurs trop mauvais qui sourient quand ils crèvent,
Et pleurent quand ils rêvent.
Je suis prêt pour mon nouveau rôle, plus sérieux et moins drôle,
Donnez-moi n’importe quelle carte, je peux être elfe ou troll,
Dans une romance troublée, un paradoxe émotionnel,
Une équinoxe de mots essentiels, une vie sans sol et sans ciel.
J’improviserais plus de cent caractères,
En vrai pro viserais le centre du cratère,
Pour débuter mon cataclysme finale sur cette Terre,
Dans un hymne banal de douleurs anales empestant cet air,
Bouchant mes artères dans le surpoids des altères,
Mais surprise altière, la pureté de la joie désaltère.
Demain, une nouvelle ère prend place,
D’une main, nous vers elle je trace.