dimanche 17 janvier 2010

Lécher Eve, Rrrrr

Du haut de la petite colline rocheuse qui surplombe leur enclos,
Je les regarde se mouvoir avec disgrâce sur l’herbe dégarnie,
Cherchant le petit morceau de verdure qui tout juste a éclos,
Ambiance apaisante pour l’humeur mais dans l’air des gars nient,
Le poids de la société m’empêche d’apprécier l’instant instantanément,
Ses démons me hantent, me mentent, me jugent coupable de flânerie,
Refusant que les plaisirs viennent du néant, viennent en aimant,
Attirés comme un aimant par les sentiments de calme et non de furie.

Trou noir, tiroir mental, de quoi jeter les angoisses du pourquoi,
Du comment, des commentaires, des cours universitaires, de toute la Terre,
Et enfin me voilà seul avec mes chèvres et aucune place pour eux ni pour toi,
Le ciel pour toit, attendri, attentif au troupeau qui m’attire, j’inspire, j’alterne,
Entre les organes sensoriels, cœur et cortex, épicurisme ou hédonisme,
J’ai trouvé mon bourgeon de joie et je peux le manger ainsi pour toujours,
En solitude absolue et relative, l’histoire relate ma tentative d’égoïsme,
Fan des étoiles la nuit, ce qui luit ne nuit, puis puits de songes et berger le jour,
Hébergé sur une joue de Dame Nature raturée par les pâtures et sans voiture.

Vois-tu comme elle fut vêtue, on voulu la mettre à nue, la battu sans vertu,
Grandement dévêtu, je profite de ce dernier coin de verdure,
Survécu au milieu des ordures, ici le vert dure mais c’est dur,
Et demain s’effaceront les clôtures, fin de l’herbe, heure de clôture.

Alors pour m’endormir je compterais les chèvres,
Seul moment pour dessiner un sourire sur mes lèvres.


16/01/10