Tout le long
Rouler, rouler, rouler les r, sur la route trempée et ironique,
Rouler sans rouler des mécaniques sous cette pluie des tropiques,
Sans cesse en mouvance, une particule qui gesticule,
Electron libre qui avance puis recule, prisonnier sans matricule,
Le déplacement de ses tentacules entraîne l’oubli dans son sillon,
Recouvrant ses pas, ses traces, ses farces, invisible comme un grillon,
Disparu telle une buche que nous grillions dans l’hiver gris et vert,
Agitation en recherche de chaleur souveraine, reine des saouls sans verre,
Sans vérité, sang vert à vérifier, cent verres plus tard place au vertige,
La vie tient à une tige en constant litige entre la seconde et vingt piges,
Seul l’instant présent a droit à une consistance toute maigre,
Passé et futur attendent sans sel dans leur jus aigre,
Le petit jaune se consomme dès son service,
Impossible de l’ignorer, de le laisser seul à l’abandon, c’est un fils,
C’est un vice qui creuse l’imagination jusqu’au plus profond des méninges,
C’est une vis immense qui triture chaque neurone du mi-humain, mi-singe.