Six Lignes Sibyllines
Tout semblait pouvoir se passer autour des ces six lignes,
Si belles, si longues et sans fin, caressant les contours de mon échine,
Allant de Marseille à la Chine, j’essaye de me montrer digne de leur grâce,
Un signe, une trace, je les scrute, cherchant à sortir de la crasse,
Les fausses notes crissent, pétrissent les malheurs de cette vie mélodieuse,
Et les accords parfaits harmonisent la réalité merveilleuse mais odieuse,
Faute aux Dieux, des feignants léthargiques passant l’éternité au pieu,
Aucun courroux à craindre, je souhaite la souffrance aux pourris et aux pieux.
Laissez-moi contempler à jamais le défilé lumineux qui orne les six lignes,
Chaque couleur me raconte une histoire différente, parfois joyeuses, d’autres tristes,
Formant ensemble un conte imaginaire et incroyable qui prend place sous mes yeux,
Mesdames et Messieurs observez la légende dessinée et chantée en ces lieux,
Pour le mieux ouvrez grand vos oreilles et aiguisez votre regard,
Ce qui se prépare représente le futur trop tard, l’extinction du phare,
Et un nouveau départ sous le ciel étoilé, le poisson à la place du bélier,
Le chalutier poursuit son sillon dans la mer sombre tachetée, seul et unique pilier,
Que rien ne peut faire plier, fierté parmi les milliers, palmier dans le désert,
Il est là, il erre, bel air, danseur de ballet sincère, chevaucheur de baleine il serre,
Seul certitude, la constance de l’incertitude,
Sa seule habitude, parcourir les fils sans fin sous toutes les latitudes.